Avec +0,413°C au-desssus de la moyenne 1981-2010, juillet 2018 est le 3e plus chaud des archives NCEP-NCAR. 

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-août).

Le top 10 des mois de juillet les plus chauds

Avec +0,413°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de juillet 2018 est le 3e plus chaud des annales NCEP-NCAR. Pour le mois de juillet, la tendance est de +0,13°C par décennie depuis 1948 et de +0,20°C depuis 1988.

Top 10 des mois de juillet les plus chauds depuis 1948. D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en juillet depuis 1948.

Anomalies de température mondiale en juillet par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

2018 pour le moment 4e année la plus chaude 

Le bilan est provisoire puisque l’on compare ici janvier-juillet 2018 à des années complètes. En raison des conditions La Niña du début d’année, 2018 ne se situe pour l’instant qu’au 4e rang. Les températures de surface de la mer dans la région Niño 3.4 du Pacifique ont remonté pour devenir neutres depuis avril.

Une véritable remontée des températures interviendrait plutôt fin 2018 et surtout début 2019 à la faveur d’un éventuel El Niño. Les modèles tablent pour +0,8°C fin 2018 dans la région Niño 3.4, donc légèrement au-dessus du seuil El Niño (+0,5°C). Pour janvier-février-mars 2019, la prévision des modèles est de +0,8°C dans la région Niño 3.4, soit légèrement en dessous de ce qui était prévu il y a un mois (+1°C).

Le top 10 des années les plus chaudes. 2018 est limitée à janvier-juillet. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en juillet 2018

La température globale est en hausse par rapport à juin malgré un continent Antarctique qui tire moins moyenne vers le haut que ces derniers mois. En Europe, la vague de chaleur s’est intensifiée sur la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Scandinavie.

L’hémisphère nord est au 4e rang (+0,5°C) derrière les mois de juillet 2015, 2017 et 2016 (record avec +0,56°C). L’hémisphère sud est à la 7e place avec +0,315°C, loin du record de 2016 (+0,546°C).

Carte d’anomalies pour le mois de juillet 2018.

+0,978°C en juillet 2018 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +0,978°C en juillet 2018, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).